Faithless Messiah, ou le talent à l’état brut

Parce que j’ai la chance d’être entourée de gens de qualité, comme c’est le cas de la manageur du groupe, qui me font chaque jour découvrir de nouvelles choses, il me semblait juste de vous faire partager celle-ci. Etant une inconditionnelle fan de metal, j’aimerais vous permettre de voir le talent français de cette scène encore trop peu connue à mon goût.

Faithless Messiah

Mya0u : Comment a été créé Faithless Messiah et d’où vient le nom du groupe ?
Stan (guitare/chant) – Faithless Messiah a été créé en 2007, après un petit concert et l’enregistrement d’une démo trois titres, le groupe s’est séparé et j’ai continué à composer seul jusqu’à janvier 2010 où j’ai été rejoint par Lucas à la batterie, que je connais depuis le collège, Julien à la basse, avec qui je joue dans un autre groupe du nom d’Eyescar, et David à la guitare qui était là aux débuts du groupe. On est rapidement entrés en studio pour enregistrer notre premier album Ghosts, puis s’en est suivi notre signature chez M&O Music quelques mois plus tard, qui nous a permis de sortir l’album en septembre dernier.

Malheureusement, cette signature impliquait une accélération du rythme du groupe, Julien a du poser ses priorités et a décidé de quitter le groupe pour pas nous ralentir – il a rapidement été remplacé par Rony à la basse – et on a récemment dû se séparer de David également.

En ce qui concerne le nom du groupe, il vient de l’idée que chaque ère de l’humanité a eu son messie pour montrer la voie, et tandis qu’aujourd’hui les anciens messies sont devenus obsolètes, la société elle-même est tellement distordue et incohérente que nous ne pouvons plus nous permettre d’avancer les yeux bandés. Le nom peut être interprété de deux façons, d’abord comme étant un messie cherchant à amener l’humanité vers la raison et le bon sens dans la même optique que les philosophes modernes que sont Sam Harris ou Dan Dennett par exemple. Par ailleurs, on peut voir Faithless Messiah comme étant un messie n’ayant pas foi en son peuple ou même en son propre message, c’est donc un point de vue cynique et pessimiste.

M : Sur Reverbnation et Facebook, je vois que pour style musical il y a Metal et pas Death/Black/Doom/Synphonic/Heavy ou tout ce qu’on peut lire pour d’autres groupes. Êtes-vous contre la classification de plus en plus drastique des genres musicaux ?
StanEst-ce que je suis contre? Si certains en sont satisfaits, grand bien leur fasse. Personnellement ça fait longtemps que je ne pense plus à la musique en termes de classification. Là où je trouve ça agaçant c’est quand des gens se ferment à un groupe parce qu’il est classifié dans tel genre, sans avoir réellement écouté. Ou encore, quand il est impossible de participer à tel ou tel concert ou festival parce que l’on n’est pas du « Ultra-Black Metal of Death », ou au contraire parce que l’on est trop extrême. Pour moi, la musique c’est de la musique, point barre, la seule chose qui change entre le Blues, le Rock, le Jazz et le Metal c’est la nature et l’intensité de l’émotion que l’artiste veut transmettre.

Ensuite, je ne nie pas qu’il y a des caractéristiques propres à chaque genre, mais ça ne veut pas dire qu’un groupe est tenu de rentrer dans une seule case. Si on ne met rien de plus que « Metal » c’est parce que clairement, on fait du Metal – c’est difficile à nier – mais au delà de ça on n’y pense pas réellement. Quand j’ai commencé à composer Ghosts, j’avais seize ans et j’écoutais exclusivement du Death Melodique, donc j’en tirais toutes mes influences. Vers la fin de la composition j’écoutais de tout et je n’y pensais plus. Depuis la sortie de l’album on nous a dit qu’on était du Black Thrash, du Death Melodique, du Metalcore (!), du Black Death, du Thrash, du Death Prog… non, on fait juste la musique qu’on a dans nos têtes et on ne se pose pas la question au delà de ça.

Ensuite, il y a des fois où on est obligés de se catégoriser plus précisément pour s’inscrire à un évènement par exemple, donc en fonction du contexte on jongle entre Thrash, Death Melodique et Death Prog.

M : Parlez nous un peu de vous… Quelles sont vos influences et vos gouts à chacun en termes de musique ?
Stan – C’est vaste, ça dépend vraiment de mon humeur du moment. En ce moment j’écoute surtout du Hard Rock à l’ancienne: les différents projets de Slash, l’album Throwing Copper de Live, Collective Soul… Mais je pense que mes influences viennent plutôt de Gojira, Machine Head, Porcupine Tree, l’album Death Unlimited de Norther, Reinkaos de Dissection, Black Days de Klone et globalement n’importe quel son ou musique qu’il peut m’arriver d’entendre dans la vie de tous les jours, parfois des musiques de films.

Rony (basse) – Mes influences sont assez diverses, mais j’ai été très influencé par la scène Thrash et Heavy des années 80/90, Megadeth, Testament, Metallica, Anthrax, Annihilator, Iron Maiden, Saxon, pour ne citer qu’eux.

Lucas (batterie) – En termes d’inspiration pour la batterie, je suis influencé par Dave McClain, Mario Duplantier ou bien Travis Barker. J’écoute principalement du Thrash / Metalcore, mais aussi pas mal de rock indé. Donc ça va de Machine Head, Pantera, Mastodon à Biffy Clyro, Blink 182 et d’autres.

M : Qu’est-ce qui, pour vous, fait un bon groupe ? Et quel groupe en serait l’illustration parfaite ?
Stan – Pour moi, un bon groupe fait de la musique qui a un sens. C’est pas juste un tas de riffs accrocheurs qui font taper du pied et qui restent en tête, c’est un ensemble de sons qui travaillent ensemble pour transporter l’auditeur ou le spectateur là ou le groupe veut l’amener, le mettre en transe. L’illustration parfaite à mes yeux serait la chanson Anesthetize jouée en live par Porcupine Tree.

Lucas – Un bon groupe c’est un groupe qui sait surprendre, trouver l’émotion là où on ne l’attend pas, et qui arrive également à communiquer un univers qui lui est propre donc pas forcément facile d’accès. Gojira serait l’exemple parfait pour ce que je décris.

Rony – Pour moi un bon groupe est avant tout une osmose parfaite autant sur scène qu’en dehors. C’est ce que tout groupe essaie d’appliquer je pense.

M : Quel serait l’objectif final, le but à atteindre pour Faithless Messiah ?
Stan – Dominer le monde! [rires] Faithless Messiah étant avant tout un message philosophique, le but à atteindre serait de contribuer à faire bouger les choses dans le monde. Ensuite, j’ai bien-entendu un monde idéal en tête, mais je sais que je ne le verrais pas de mon vivant donc je ne préfère pas le voir comme étant un but à atteindre, ça serait placer la barre trop haut.

Rony – Le but à atteindre forcément est d’apporter quelque chose à la musique, et d’essayer d’apporter notre patte, notre son et se faire une petite place parmi les autres. Mais la question que je me pose c’est « y a-t-il un objectif final? » je pense que chaque groupe doit être en constante évolution, il y a plusieurs objectifs, ils changent au fur et à mesure qu’on avance, et on essaie tous de s’y tenir. De là à dire qu’il y a un objectif final, je ne pense pas.

Lucas – Il est difficile de dire qu’on peut avoir un objectif final, ça voudrait dire que si on l’atteint un jour, on remballe tout et on s’arrête. On a plusieurs objectifs, tous avec un degré d’importance… Les plus élevés sont : arriver à faire connaitre notre univers à une base de public assez importante, et se voir considérer comme des égaux par ceux que l’on admire aujourd’hui. A titre personnel, mon premier objectif est de donner des frissons à ceux qui nous écoutent.

M : Quels sont vos projets à venir ?
Stan – Les concerts à venir, il n’y en a plus des masses. On vient de finir notre tournée pour la sortie de l’album, donc il nous reste le Festival ACDM à Evreux le 19 novembre, et un concert à la Scène Bastille (Paris) le 13 Janvier. Après ça les choses vont se calmer pour cause d’obligations extra-musicales, on fera probablement des concerts isolés mais on profitera surtout de cette période de calme pour recommencer la composition dans la vue d’un deuxième album d’ici un an ou deux.

M : Un petit quelque chose à ajouter ?
Stan – J’aime pas cette question…  C’est pas que je n’ai rien d’autre à dire, j’en ai encore plein, mais il n’y a rien que l’on puisse dire qui ait l’air authentique et sincère après ce type de question. Je pourrais vous dire merci pour votre soutien infaillible, votre aide toujours grandissante qui nous porte et nous motive pour aller plus loin. Je pourrais insister sur le fait que notre album est sorti et que pour que l’on puisse encore continuer longtemps dans la musique on a besoin que des gens comme vous l’achètent et encouragent leur entourage à en faire autant. Je peux simplement vous recommander d’écouter notre musique, de venir nous voir en concert et de vous faire votre propre idée. Encore mieux, écoutez notre musique et faites vous votre propre idée sur le monde qui vous entoure. Tout ça, dit après une question de type « un dernier mot pour la route? » ça fait phrase-toute-faite sans saveur qui n’a pas vraiment de sens, même quand c’est dit avec toute la sincérité du monde. Donc mon dernier mot sera: arrêtez de nous demander si on a un dernier truc à ajouter. Si on veut ajouter quelque chose, on le fera spontanément. Là vous nous cassez toute forme d’initiative qu’on pourrait prendre dans ce sens.

Après cette dose d’honnêteté, je vous laisse vous rendre sur la page facebook de Faithless Messiah et sur Reverbnation pour découvrir Ghosts, le premier album du groupe.

Je profite également de cet article pour remercier celle sans qui cela n’aurait été possible, Jessica – manageur de Faithless Messiah, pour sa gentillesse et sa disponibilité sans faille.

Publicités

Un commentaire?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s