Enfant et égalité, un rêve condamné?

Ne me demandez pas ce qui a pu inspirer cet article. Une émission, un film, des naissances autour de moi et l’idée est là. Trouver une femme enceinte belle, je suppose que c’est humain, une sorte de reconnaissance pour la maternité, un respect, une admiration, je ne saurais l’expliquer.

Des femmes qui mettent au monde un enfant, ça n’a rien d’inhabituel, bien au contraire, nous sommes programmées pour ça. Certaines n’en veulent pas, et je respecte leur choix, nous n’avons pas toutes les mêmes priorités, les mêmes envies, les mêmes besoins. L’humain est différent, l’humain est unique.

Dans un pays où un enfant naît avec 20.000€ de dettes (représentation de la quote-part de chaque Français dans la dette de l’État.), je me demande encore comment on peut vouloir donner la vie, quand on sait que la route sera pavée d’embuches. J’ai beau essayer d’être positive, j’ai du mal. Quand on nous dit que l’avenir du pays tient à un plan d’austérité, je prends peur. L’avenir du pays ce sont nos enfants, c’est leur éducation qui fout le camp, c’est une justice mal foutue à deux vitesses, c’est une égalité des chances qui n’existe pas.

Parce que nous sommes tous différents, ce qui devrait être une force est devenue une tare. Parce que le fait d’aimer quelqu’un du même sexe que toi t’interdit d’enfanter en reconnaissant les deux parents comme tels, parce qu’en naissant avec une couleur de peau différente, un handicap, une faiblesse, tu sembles devenir un monstre aux yeux de ce peuple bien pensant. Parce que dans la rue tu regardes celle qui boite en la fixant du regard, le petit aux cheveux roux qui subira blagues sur blagues et qui devra en rire lui aussi parce que c’est ça La Grande Et Belle Autodérision ! Parce que tu seras tenté de fixer le gamin trisomique qui marche en face de toi, parce que tu jugeras l’homme noir, blanc, beurre, ou qu’importe, qui aura, à un moment dans sa vie, un problème.

Je pense aussi à ces femmes, ces hommes, ces couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant. Ceux qui physiquement en sont incapables. Ceux à qui on demande « alors, à quand le bébé ? » quand on ne sait pas, brisant des cœurs et des âmes sans s’en apercevoir. Je pense à tout ce qu’on peut penser un jour. A notre maladresse parfois, à notre méchanceté surtout.

J’aimerais faire évoluer les mentalités mais je ne crois plus au Père Noël depuis plusieurs années. Mais parfois j’ai un rêve farfelu : me dire que toi qui lit ceci, peut-être que tu penseras comme moi et qu’alors tu voudras toi aussi que le monde change.

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